François Ravaillac













                           François Ravaillac

                                                              Proposé par Ali GADARI





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François Ravaillac
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de François Ravaillac dans son pourpoint coupé « à la flamande » et armé d'un couteau.
Gravure au burin anonyme, Paris, BnFdépartement Estampes et photographie, vers 1610.
Naissance
Angoulême (Drapeau du Royaume de France Royaume de France)
Décès (à 33 ans)
Paris (Drapeau du Royaume de France Royaume de France)
NationalitéFrançaise
Pays de résidenceDrapeau du Royaume de France Royaume de France
ProfessionValet de chambre, clerc de Maître Du Rozier à Angoulême puis maître d'école
FamilleJean Ravaillac (père), Françoise Dubreuil (mère), Geoffroy Ravaillac (frère)
François Ravaillac est un maître d'école français et régicide né en 1577 à Angoulême et exécuté le  en place de Grève à Paris, pour l'assassinat d'Henri IVroi de France, le .

    Biographie

    La famille Ravaillac est établie en Angoumois au commencement du xvie siècle, et dès cette époque possède à Angoulême des offices de judicature, son grand-père et son oncle étant notamment procureurs au présidial d'Angoumois, ce qui fait des Ravaillac une famille de la bourgeoisie de robe angoumoisine. Fils cadet de Jean Ravaillac, secrétaire greffier du maire d'Angoulême devenu ivrogne et violent à la suite de la perte de son emploi, et de Françoise Dubreuil, mère pieuse, François Ravaillac est natif d'une région traumatisée par les guerres de religion. Son frère unique, Geoffroy, est connu pour sa brutalité et ses démêlés judiciaires, et ses deux jeunes sœurs quitteront rapidement le foyer familial. Son père ayant dilapidé le patrimoine de sa femme, cette dernière obtient la séparation de biens en 1605 ou 1606, laissant sa famille dans la misère. Ses oncles maternels, Julien et Nicolas Dubreuil, chanoines à la cathédrale d'Angoulême, lui enseignent la lecture, l'écriture et lui inculquent très tôt la haine des Huguenots.
    François Ravaillac commence sa vie professionnelle à onze ans en tant que valet de chambre et clerc de Maître Du Rozier à Angoulême puis coursier judiciaire d'un procureur de Paris pour qui il dessert plusieurs tribunaux de province. Enfin de retour à Angoulême, il est maître d'école, enseignant le catéchisme à quatre-vingts enfants, travail mal payé, aussi vit-il dans un état proche de la mendicité. Très religieux, il cherche à entrer comme frère convers dans l'Ordre strict des Feuillants. La courte période probatoire échoue au bout d'un mois du fait de ses visions. Il tente d'entrer à la Compagnie de Jésus en 1606 mais il est rejeté pour les mêmes raisons. Profondément mystique, hanté par des visions, François Ravaillac présente un profil psychologique fort troublé : il s'accusera en confession à plusieurs reprises d'« homicide par intention » et présentera son acte criminel comme une mission divine.
    En 1609, il a une vision lui demandant de convaincre Henri IV de convertir les huguenots. Incapable de rencontrer le roi, malgré plusieurs tentatives (période de Noël en 1609 et de Pâques 1610), il interprète sa décision d'envahir les Pays-Bas espagnols comme le début d'une guerre contre le pape. Déterminé à mettre fin au Grand Dessein du roi, il décide alors de le tuer.

    L'assassinat d'Henri IV

    La rue de la Ferronnerie en 2012 à l'endroit où a été commis le régicide (marque sur le sol).
    L'assassinat d'Henri IVrue de la Ferronnerie à Paris.
    Quelques semaines avant le crime, Ravaillac vole un couteau dans une auberge dans le but de tuer le roi. Il change d'avis plusieurs fois et, décidé à retourner dans ses terres natales, épointe  volontairement l'arme à Étampes. Convaincu de nouveau de la nécessité de son acte, il répare le couteau et fait demi-tour vers Paris. Le 14 mai 1610, il suit le carrosse du roi dès sa sortie du LouvreRue de la Ferronnerie (un axe étroit de quatre mètres de largeur), dans l'actuel quartier des Halles, il rattrape le carrosse royal, en route vers l'Arsenal où le roi va rendre visite à son ministre Sully cloué au lit par une grippe. Henri IV est alors accompagné dans son vaste carrosse de quatre de ses officiers, notamment du duc d'Épernon et du duc de Montbazon. Le domicile de son ministre et confident étant proche, le roi juge inutile de se faire escorter par la Garde à cheval, aussi est-il protégé par une faible escorte de fantassins. Voulant voir les préparatifs prévus pour l'entrée solennelle à Paris de Marie de Medicis, sacrée reine la veille, le roi fait lever les rideaux de cuir de sa voiture.
    Vers 16 h 15, le convoi est cependant bloqué par un encombrement (une charrette de foin et un haquet chargé de tonneaux de vin manœuvrent avec difficulté) juste devant l'auberge « Au cœur couronné transpercé d'une flèche », nom prémonitoire. Certains valets de pied se tenant sur le marchepied s'éloignent pour disperser la foule qui reconnaît le carrosse royal dont les mantelets de cuir relevés montrent le roi qui salue les badauds en dodelinant la tête, d'autres gardes traversent le cimetière des Innocents pour devancer le carrosse : Ravaillac profite alors de l'aubaine, pose un pied sur l'essieu du carrosse et l'autre pied sur un montoir puis se jette sur le roi (selon d'autres versions, il monte un pied sur un rayon d'une roue du carrosse, l'autre sur une borne qui flanque une porte cochère12). Il porte trois coups de couteau : un premier touche le roi sans dommage majeur près de l'aisselle, Henri IV hurle « Je suis blessé », un second l'atteint au poumon droit, sectionnant veine cave et aorte, le roi murmure « Ce n'est rien, ce n'est rien » et le dernier perce la manche du duc de Montbazon. Bien qu'il soit ramené à grand train au Louvre où accourent l'archevêque d'Embrun et son premier médecin Petit, Henri IV meurt avant alors que divers témoignages de l'époque évoquent pourtant son agonie sur un lit dans le petit cabinet de la reine : le « Dragon roux de l'Apocalypse » (surnom d'Henri de Navarre donné par les ultra-catholiques) est tué par un rouquin au manteau vert
    Selon le récit de l'historiographe Pierre Matthieu, un des officiers d'Henri IV, le baron de Courtomer, aperçoit dans la rue un commando de huit à dix hommes à pied et deux à cheval qui se précipitent sur Ravaillac en criant « Il faut qu'il meure ! » mais le baron parvient à les faire fuir
    Ravaillac ne cherche pas à s'enfuir, le duc d'Épernon s'écrie « Ne le tuez pas ! Pas une main sur lui, il y va de votre vie ! ». Il est ramené à l'Hôtel de Retz par le duc afin de lui éviter un lynchage, ce qui a fait naître dès 1611 la thèse selon laquelle le duc et la marquise de Verneuil étaient les instigateurs d'un complot contre le roi ; le procès de Ravaillac permettant de détourner les soupçons. Il reste 48 heures dans cet hôtel particulier rue Charlot où étrangement on le laisse voir et parler à de nombreuses personnes puis est conduit une journée à l'hôtel du duc d'Épernon puis enfin transféré légalement à la Conciergerie

    Supplice

    Plaque commémorative de l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac, rue de la Ferronnerie à Paris 1er. Les armes d'Henri IV sont sculptées sur le sol, indiquant encore aujourd'hui le lieu du régicide.
    Arrêt du parlement de Paris condamnant à mort François Ravaillac. Archives nationales AD/148
    Il est condamné à mort par le Parlement de Paris au cours d'un procès de dix jours, présidé par Achille Ier de Harlayqui conclut à l'acte isolé (sans complicité) d'un fanatique catholique, son ordonnance d'exécution pour « l'inhumain régicide par lui commis en la personne du Roi Henri quatrième » du 27 mai 1610 précisant que le condamné, une fois soumis à la question à quatre reprises puis pénitence faite, doit être conduit en place de Grève où il est destiné à « [être] tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, qui tenait le couteau avec lequel il a commis ledit régicide, sera brûlée de feu de soufre, et sur les endroits tenaillés, il sera jeté du plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix, de la résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble. Ensuite, son corps sera tiré et écartelé par quatre chevaux. Les membres de son corps seront consommés au feu, réduits en cendres et jetés au vent. »
    De la Conciergerie, il est amené devant la Cathédrale Notre-Dame de Paris où il doit faire amende honorable pieds nus, en chemise, un cierge à la main, puis monte dans un tombereau à ordures qui le conduit place de Grève sur un petit échafaud où les supplices du bourreau Jean Guillaume et de ses valets — tenaillement à la taille par deux blocs de bois, brûlure de la main régicide, écartèlement par quatre chevaux dont l'un, épuisé, doit être remplacé — durent une journée entière car François Ravaillac est doté d'une robuste constitution, ce qui force notamment le bourreau à « entamer » les bras et les jambes avec un couperet. Ravaillac demande même au greffier : « si le peuple peut chanter le Salve Regina » et ce dernier y consent. La foule hystérique disperse ses morceaux dans la ville, le reste de son corps étant brûlé et ses cendres dispersées au vent
    Ses parents sont forcés à l'exil sous peine de mort ; ils s'établissent probablement dans le petit hameau isolé de Rosnay en Franche-Comté qui fait partie alors du Saint-Empire romain germanique et où ils peuvent garder le nom de Ravaillac qui se transforme progressivement en Ravaillard et Ravoyard dans les registres paroissiaux au cours du xviiie siècle. Ses biens sont saisis, sa maison à Angoulême rasée avec interdiction d'utiliser le terrain pour bâtir, ses frères et sœurs contraints à changer de nom sous peine de mort.

    La thèse du complot

    Gravure allemande d'époque montrant l'exécution de François Ravaillac.
    Le régicide déclenche une grande polémique. En effet, durant le règne d'Henri IV, c'est plus d'une vingtaine de complots qui ont été déjoués, sans compter les tentatives d'assassinats
    Les jésuites ont ainsi été accusés d'avoir poussé Ravaillac au régicide, tel l'historien Juan de Mariana dont la thèse publiée en 1598, De rege et regis institutione, légitime le tyrannicide, les traités de théologie jésuite de l'époque consignant eux-mêmes les théories du tyrannicide colportées par des prédicateurs de la Sainte Unionà condition que ce soit un ordre divin, la mission divine garantissant le salut éternel de l'assassin. La thèse est condamnée par la Sorbonne le même jour que l'exécution de Ravaillac et brûlée le 8 juin.
    Un an plus tôt, en 1609, des mois durant, la demoiselle Jacqueline d'Escoman, dame de compagnie d'Henriette d'Entragues, marquise de Verneuil, déclare avoir connaissance d'un complot contre le roi organisé par la marquise de Verneuil et le duc d'Épernon, mais l'entourage du roi, habitué à ces avertissements complotistes, ne la prend pas au sérieux, à moins qu'elle ne soit réduite au silence en étant emprisonnée à la Conciergerie sous l'accusation d'abandon d'enfant. Libérée en janvier 1611, elle accuse à nouveau le duc et la marquise d'être responsables de la mort d'Henri IV et d'avoir agi pour le compte de l'Espagne, bien que Ravaillac ait toujours clamé avoir agi seul. Un procès est organisé dans lequel les deux parties sont entendues par le nouveau président Monsieur de Verdun (proche du duc d'Épernon qui a fait mettre à la retraite Achille Ier de Harlay) à l'issue duquel l'accusation de complot se solde par un non-lieu pour les accusés et l'accusatrice condamnée pour calomnie et emprisonnée à perpétuité.
    La thèse du complot a surtout pris de l'ampleur lorsqu'elle fut évoquée par Jules Michelet dans son Histoire de France (1857). Il y expose, sur la seule base de deux témoins (Jacqueline le Voyer, dite demoiselle d’Escoman, susmentionnée et qui a été condamnée pour calomnie, et Pierre Dujardin, de son nom de guerre le capitaine La Garde), comment le duc d’Épernon, la comtesse de Verneuil et le couple Concini auraient instrumentalisé Ravaillac, avec la connivence de la reine Marie de Médicis et de Philippe III d'Espagne. Dans son ouvrage l'étrange Mort de Henri IVPhilippe Erlanger reprend la thèse développée par Michelet. Il affirme qu'à son arrivée à Paris, Ravaillac fut logé chez Charlotte du Tillet, la maîtresse du duc d'Épernon. Selon l'auteur, l'assassinat aurait été orchestré par le duc d'Épernon, la marquise de Verneuil et Charlotte du Tillet qui organise les rencontres entre le duc et la marquise.
    Pour M. Rouly, « le duc d'Épernon ne fut pas coupable ; sa conduite au moment de la mort du roi le démontre ; il s'oppose à ce que l'assassin fût mis à mort par les gardes et le peuple, il le défendit, voulant le conserver pour que les noms des complices fussent connus ; ce qu'il n'aurait pas fait, s'il eût été l'instigateur du meurtre ». De plus, les minutes du procès de Jacqueline d’Escoman révèlent qu'elle est une affabulatrice, si bien que la thèse du complot impliquant ces personnalités est à rejeter.
    Dans un livre publié en 2009, l'historien Jean-Christian Petitfils propose une autre hypothèse. Ravaillac aurait été manipulé par l'archiduc des Pays-Bas catholiques Albert de Habsbourg, par peur d'une action d'Henri IV pour récupérer Charlotte de Montmorency, épouse du prince de Condé, retenue à Bruxelles.
    Situant Ravaillac dans la « longue cohorte des assassins politiques de l'Histoire », le journaliste Jean-François Bège estime que l'assassin de Henri IV et Lee Harvey Oswald seraient tous deux des fanatiques prétendant avoir agi seuls mais manipulés et secondés par une deuxième équipe.
    L'historien François Pernot n'adhère pas à la théorie du complot et achève son ouvrage par cette leçon d'histoire : « Chercher le complot ne revient-il pas le plus souvent à nier la réalité ? […] Retrouver du sens à tout prix en raccrochant les faits historiques à un fil directeur unique, un fil directeur qui fournit à l’opinion publique une clé de décryptage d’un événement paraissant absurde ? Un fil directeur qui rassure parce qu’il explique le chaos ».

    wikipédia

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