JACQUES CARTIER
JACQUES CARTIER
Proposé par Ali GADARI
Jacques Cartier
Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel, 1844, d'après un portrait aujourd'hui disparu produit en 1839 par François Riss (1804-1886).
— On ignore cependant son vrai visage1.
— On ignore cependant son vrai visage1.
| Naissance | Saint-Malo, |
|---|---|
| Décès | (à 65 ans) Saint-Malo, |
| Nationalité | Royaume de France (duché de Bretagne, puis province de Bretagne, après son rattachement au domaine royal) |
| Profession | Navigateur et explorateur |
| Activité principale | Explorer le fleuve Saint-Laurent, à la recherche de richesses ou du passage vers l'Asie |
| Autres activités | Marchand, juré et témoin, interprète en langue portugaise |
| Ascendants | Jamet Cartier et de Jesseline Jansart |
| Conjoint | Catherine, fille de Jacques des Granches, connétable |
| Descendants | Aucun. |
| Famille |
Frères et sœurs :
Neveu :
|
Jacques Cartier (« Iacques Quartier ») est un navigateur, explorateur français et écrivain par ses récits de voyage. Né en 1491 à Saint-Malo, il y meurt le 1er septembre 1557.
Auteur de cartes ayant permis l'apparition du golfe du Saint-Laurent sur les représentations du globe, Cartier, par ses Relations, est le premier Européen à décrire et nommer ces eaux, leurs rives et leurs habitants, et le territoire visité sous le nom iroquois Canada (groupe de cabanes).
Généalogie
Nous ne connaissons que bien peu de choses de sa vie allant de sa naissance jusqu'à son premier voyage officiel en 1534. Son acte de baptême ne nous est pas parvenu puisque les registres de l'état civil de Saint-Malo manquent de 1472 à 1494
Jacques Cartier est né dans l'une des trois anciennes communes qui forment actuellement Saint-Malo : Saint-Servan, Saint-Malo et Paramé se disputent l'honneur de l'avoir vu naître. On a pu établir par des recoupements qu'il était né en 1491, mais les registres de baptêmes font défaut pour cette période, et le lieu exact de sa naissance ne peut donc être établi avec certitude. L'hypothèse d'une naissance intra-muros semble écartée actuellement ; certains arguments font pencher la balance du côté de Saint-Servan, d'autres du côté de Paramé. Le seul document indubitable que nous possédions sur Jacques Cartier est la publication des bans de son mariage avec Catherine des Granges (Granches), en avril 1520.
Depuis la seconde moitié du xixe siècle, les historiens considèrent Jacques Cartier comme le fils de Jamet et de Jesseline Jansart9, bien qu'aucun document d'archive ne l'atteste. S'il est bien le fils de ces derniers, il aurait eu pour frères Lucas et un enfant non nommé, né en 1494, ainsi qu'une sœur ayant pour nom Berteline. Ce qui est certain, c'est qu'il a eu une sœur nommée Jehanne, puisqu'elle apparaît dans le testament du pilote et explorateur malouin daté du 19 mai 1541 Selon Frédéric Joüon des Longrais, il faudrait ajouter à la liste de la fratrie de l'explorateur le nom de Jehan puisqu'il a été le parrain de deux de ses enfants.
Mariage
Jacques Cartier épouse au début d'avril 1520, Catherine, fille de Jacques des Granches, connétable de la ville de Saint-Malo, et de Françoise Du Mast : un mariage qui améliore grandement la condition sociale de l'époux, car la famille des Granges était une des plus considérables de la ville.
De cette union ne naîtra aucune descendance
Biographie
Jeunesse
Jacques Cartier a probablement fait, comme tout fils de pêcheur malouin morutier, son apprentissage de mousse et de matelot
Les archives malouine le présentent sous les traits, entre autres, d'un compère, pour les cérémonies baptismales, et d'un témoin ou juré, dans les procédures judiciaires, très recherché de la part de ses concitoyens. En effet, sur une période s’étalant du 21 août 1510 au 17 novembre 1555, son nom est indiqué sur 58 actes de baptême, dont 35 où il apparaît comme parrain d’enfants Tissant soigneusement ses liens parmi les bourgeois et les officiers municipaux de Saint-Malo, Jacques Cartier consolida également son réseau social grâce à ses fréquentations auprès de la confrérie de Saint-Jean-Baptiste, communément appelée la confrérie des Frères blancs Il semble que, parallèlement au domaine maritime, Jacques Cartier s'intéressait également au monde judiciaire, puisqu'en 1518 il avait en sa possession un livre intitulé Les loables Coustumes du pays & Duche de Bretaigne, dans lequel se trouvaient les règles juridiques bretonnes et les coutumes de la mer (rôles d'Oléron). C'est sans doute grâce à son savoir du droit qu'il était souvent sollicité comme témoin ou juré dans les cours de Saint-Malo. Aucun document d'archive connu ne nous informe de sa carrière de pilote avant 1530. La majorité des historiens reconnaissent qu'il devait avoir quelque compétence en la matière, pour mériter le titre de « capitaine et pilote pour le Roy ayant charge de voiaiger et allez aux Terres Neuffves passez le destroict de la baye des Chasteaulx » et de succéder ainsi à Giovanni da Verrazano Dans la mesure où l'on ne connaît pas le ou les auteurs des récits relatant les voyages de Cartier il serait vain d'y chercher quelques indices sur sa personnalité et sa carrière maritime avant 1530. Pour expliquer la genèse du premier voyage de 1534, et connaître les circonstances entourant le choix de Cartier par François Ier, roi de France, deux documents postérieurs aux événements et, comme l'on peut s'y attendre, relatant différemment les faits, ont été employés par les historiens. Le premier, le plus anciennement utilisé par les auteurs, est tiré de l'Histoire de la Nouvelle France de l'avocat Marc Lescarbot. Selon l'avocat-historien, c'est Jacques Cartier qui aurait proposé lui-même ses services à l'amiral de France Philippe Chabot en 1533, qui : « les representa à sa Majesté, & fit en sorte que le dit Quartier eut la charge ». Cette version des faits n'est rapportée que par Lescarbot, mais il y a toutefois des arguments qui viennent la supporter. En effet, Jacques Cartier avait donné le nom de l'amiral à l'île Brion, située dans le golfe du Saint-Laurent, et qui a préservé ce toponyme honorifique jusqu'à aujourd'hui. Parmi les raisons qui poussaient les chefs d'expédition à nommer un nouveau territoire, il y avait celle d'honorer les principaux « maîtres d'œuvre » du voyage.
Plusieurs historiens avancent qu'il aurait pu accompagner une campagne de pêche, pour se rendre à Terre-Neuve avant 1532, car la région était fréquentée des pêcheurs basques et bretons. Certains suggèrent aussi qu'il aurait pu participer à l'un des voyages d'exploration de la côte brésilienne par la flotte normande sous pavillon dieppois, vu :
- d'une part, les fréquentes comparaisons que Cartier fait, dans ses récits de voyage, entre les Amérindiens de la Nouvelle-France (contribuant par ses récits au mythe du bon sauvage) et les Brésiliens, ainsi que sa connaissance du portugais car lors de sa retraite il agit à plusieurs occasions comme interprète en langue portugaise ;
- d'autre part, l'histoire de la ville de Dieppe, qui relate la navigation non seulement du capitaine Jean Cousin, mais de deux autres capitaines, Thomas Aubert et Giovanni da Verrazzano, qui embarquèrent de Dieppe en 1508 et reconnurent le fleuve Saint-Laurent, auquel ils donnèrent son nom.
Cartier reçoit une commission de François Ier
En 1532, alors qu'une guerre éclate entre la couronne du Portugal et les armateurs normands au large du Brésil, il est présenté à François Ier par Jean Le Veneur, évêque de Saint-Malo et abbé du Mont-Saint-Michel. Celui-ci évoque des voyages que Cartier aurait déjà faits « en Brésil et en Terre-Neuve », pour affirmer qu'il était à même « de conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde ». Recevant une commission du roi de France, et devenant en ce sens le successeur de Giovanni da Verrazano, Cartier dirigera, aux frais du roi, trois voyages vers l'Amérique du Nord entre 1534 et 1542, espérant y trouver un passage pour l'Asie, sinon des richesses.
Le premier voyage (1534)
Après seulement vingt jours de traversée (du 20 avril au 10 mai), Cartier atteint Terre-Neuve, avec ses deux navires et un équipage de 61 hommes. Il explore minutieusement le golfe du Saint-Laurent à partir du 10 juin. À noter cependant que le calendrier est alors en retard de 10 jours sur le calendrier grégorien instauré en 1582, et donc un anniversaire exact du début de la traversée tomberait le 30 avril au lieu du 20, pour ne donner qu'un exemple.
Le 12 juin, lors de la reconnaissance de nouveaux lieux et la dénomination de nouvelles rivières, Jacques Cartier et ses marins aperçurent, un peu à l'écart de la rivière qu'ils venaient de nommer Saint-Jacques, un grand navire originaire de La Rochelle, dont l'équipage, après une longue campagne de pêche à la morue, avait perdu son chemin au milieu des nombreuses îles du golfe du Saint-Laurent. Ils allèrent à bord de ce navire pour le conduire vers un lieu plus commode pour s'orienter, qu'ils appelèrent « Havre Jacques-Cartier »
Le lundi 6 juillet, Jacques Cartier et son équipage entrent en contact avec les premiers Amérindiens de la Nation micmac, au large de la baie des Chaleurs. Les jours suivants, la confiance s'installe entre les marins et les autochtones, avec échanges de colifichets, couteaux, tissus… contre des peaux d'animaux.
Le vendredi 24 juillet, il met pied à terre à Gaspé, y plante une croix de trente pieds, revendiquant la région pour le roi de France. La troupe des Français y rencontre des Iroquoiens du Saint-Laurent, venus pour la pêche, qui les accueillent sans grand plaisir. Le chef amérindien, Donnacona, après protestations, finit par permettre à Cartier d'amener deux de ses « fils » en France. La rentrée à Saint-Malo se fait le 5 septembre après une autre courte traversée de 21 jours.
Le deuxième voyage (1535-1536)
Le deuxième voyage a lieu en 1535–1536 et débute le 19 mai. Cette expédition compte trois navires, La Petite Hermine (60 tonneaux), L'Émérillon (40 tonneaux) et la nef qui transporte Cartier, la Grande Hermine (120 tonneaux). Quinze mois de vivres ont été prévus. Ramenés de France par Cartier, les deux « fils » (neveux ?) du chef Donnacona, Taignoagny et Domagaya, parlent maintenant français. Recourant à leurs connaissances, Cartier remonte alors le cours du Saint-Laurent, découvrant qu'il navigue sur un fleuve lorsque l'eau devient douce. Le 3 septembre il signale dans son journal de bord avoir aperçu des bélugas dans le fleuve. À l'île d'Orléans, le 7 septembre, devant Stadaconé, on retrouve Donnacona.
Ce chef essaie de dissuader les Français de remonter le fleuve : il veut s'assurer du monopole du commerce. Cartier refuse et donne congé aux deux « fils ». Il ira donc en amont sans interprète. Une partie des hommes restent et construisent un fortin, préparant le premier hivernage connu de Français au Canada. Cartier continue à remonter le fleuve sur l’Émérillon, dont bientôt le tirant d'eau interdit de poursuivre au-delà du lac Saint-Pierre : il y ancre l’Émérillon et l'équipage poursuit en barques.
À Hochelaga
Le , Jacques Cartier et ses compagnons arrivent dans la région du village iroquoien nommé Hochelaga. La nuit venue, ils se retirent tous à bord des barques. Tôt le lendemain matin, avec ses gentilshommes et vingt mariniers armés, Cartier entreprend à pied le chemin vers ce village, sur une voie bien aménagée. Marchant ainsi deux lieues (environ 8 km), ils peuvent enfin apercevoir cette bourgade palissadée de tronc d'arbres, sur une colline et entourée de terres cultivées, pleines de maïs (dit blé d'Inde), ainsi qu'il décrira le paysage entourant Hochelaga. Il nommera mont Royal, cette montagne de l'île et de la ville qui est aujourd'hui nommée Montréal.
La bourgade n'a dans son rempart circulaire qu'une seule porte d'entrée (sortie). On y compte une cinquantaine de « maisons longues », communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et, de la rivière des Outaouais, se diriger vers le nord et pénétrer dans un pays où l'on trouve de l'or (qui est l'actuelle grande région de l'Abitibi).
Retour à Stadaconé, « terre de Canada »
Après cette visite d'un jour, les Français rebroussent chemin et arrivent le à « la terre et prouvynce de Canada », c'est-à-dire Stadaconé), région de Québec, afin d'hiverner au mouillage, à côté du fort Sainte-Croix, sur la rivière du même nom.
« …les deux ‘Voyages dudit Capitaine Iacques Quartier : le premier desquels estait imprimé mais le second ie l’ay pris ſur l'original preſenté au Roy écrit a la main, couvert en ſatín bleu. Et en ces deux ie trouve dela diſcordance en une chose , c'eſt qu'au premier voyage il eſt mentionné que ledit Quartier ne paſſa point plus de quinze lieuës par delà le cap de Mont-morenci : & en la relation du ſecond il dit qu’il ramena en la terre de Canada qui eſt au- Nort ~de l‘ile d'Orleans à plus de huit vingt lieuës dudit cap de Mont-morenci les deux Sauvages qu'il y avoit pris l'an précédent. »
— Marc Lescarbot
Les rapports avec les Iroquoiens du Saint-Laurent sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac, qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant dite rivière Saint-Charles, à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquoiens en sont aussi frappés, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Micmacs se soignent une infusion d'aiguilles et d'écorce d'« annedda », arbre dont l'identité exacte est inconnue à nos jours ; il pourrait s'agir de cèdre blanc d’Amérique, de pruche, de sapin baumier ou encore de pin. Il applique le traitement à ses hommes et, bientôt, les guérisons se multiplient.
En avril, Cartier emmène Donnacona de force pour le présenter à François Ier avec ses deux « fils » (neveux ?) et sept autres Iroquoiens ; puis, profitant du dégel, il met le cap sur la France, abandonnant La Petite Hermine, « faute d’un équipage assez nombreux » (25 des 110 équipiers étaient décédés du scorbut. Après un passage par Saint-Pierre-et-Miquelon, il retourne à Saint-Malo en juillet 1536, croyant avoir exploré une partie de la côte orientale de l'Asie.
Le Lieu historique national Cartier-Brébeuf commémore cet hivernage de Jacques Cartier.
Le troisième voyage (1541-1542)
Donnacona, qui a compris ce que cherchent les Français (de l'or, des gemmes, des épices), leur fait la description qu'ils veulent entendre : celle du riche royaume de Saguenay. Sur ce, François Ier, bien qu'occupé par les menaces de Charles Quint, se laisse convaincre de lancer une troisième expédition avec pour instructions, cette fois, d'implanter une colonie.
L'organisation de l'expédition est confiée à Jean-François de La Rocque de Roberval, un homme de cour, ce que Cartier n'est pas. Il ne sera cette fois que le second de Roberval. La colonisation et la propagation de la foi catholique deviennent les deux objectifs. Donnacona meurt en France vers 1539, comme d'autres Iroquoiens du Saint-Laurent, d'autres s'y sont mariés, aucun ne reviendra de France. On prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail, libère des prisonniers pour en faire des colons. Roberval prend du retard dans l'organisation et Cartier s'impatiente puis décide de s'engager sur l'océan sans l'attendre. Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadaconé en août 1541, après trois ans d'absence. Les retrouvailles sont chaleureuses malgré l'annonce du décès de Donnacona, puis les rapports se dégradent et Cartier décide de s'installer ailleurs.
Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap-Rouge, pour préparer la colonisation. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible, avec le reste de l'expédition. En attendant, Cartier accumule « l'or et les diamants », qu'il négocie avec les Iroquoiens du Saint-Laurent, qui disent les avoir ramassés près du camp. En 1542, Cartier lève le camp, rencontre Roberval à Terre-Neuve. Malgré l'ordre que ce dernier lui donne de rebrousser chemin et de retourner sur le Saint-Laurent, Cartier met le cap vers la France.
Aussitôt arrivé en France, il fait expertiser le minerai, apprenant qu'il ne rapporte que de la pyrite et du quartz, sans valeur. Sa mésaventure est à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada »… et du toponyme actuel, « cap Diamant », pour désigner l'extrémité est du promontoire de Québec.
La retraite
La désillusion est grande, Cartier se consacre désormais à la vie de sa commune et se retire dans son manoir de Limoëlou à Rothéneuf, près de Saint-Malo. Notable ayant beaucoup voyagé, il est souvent consulté et on met à profit ses connaissances du portugais.
Noblesse
Plusieurs historiens ont présumé qu'il fut anobli, et plusieurs autres en doutent ou en ont cherché en vain les preuves irréfutables ; le doute persiste. Il est qualifié de sieur de Limoilou, dans un acte du chapitre de Saint- Malo, en date du ; dans un autre acte, en date du , il porte le titre de noble homme.
Maladie et décès
Il succombe le 1er septembre 1557, alors que la peste sévit à Saint-Malo depuis le début de l'été cette année-là. Ses reste sont retrouvés en 1949, lors de travaux dans la cathédrale de Saint-Malo D'après un extrait des papiers de famille des Garnier de Fougeray, il est écrit que son corps a été inhumé le jour même de son décès, dans la cathédrale, par son parent et compère Michel Audiepvre
Publications
Manuscrits et historique des Relations
Cartier n'est peut-être pas l'auteur des Relations, dont les manuscrits originaux sont tous perdus
Le récit du second voyage de Cartier (1535-1536) est publié dès 1545 à Paris ; il ne reste que trois exemplaires connus de cette impression. Puis les Relations des premier et second voyages sont traduites en italien par Giovanni Battista Ramusio, publiées en 1556 et réimprimées à maintes reprises. Les textes italiens sont traduits en anglais par John Florio en 1580, puis en français en 1598 chez Raphaël du Petit Val.
Les manuscrits étant perdus, la Relation du troisième voyage de Cartier et la Relation du voyage de Roberval ne sont connues qu'à travers la traduction anglaise de Richard Hakluyt, publiée en 1600probablement rédigés à partir d'originaux trouvés à Paris en 1583. Les voyages de Cartier sont ensuite rapportés dans les Histoire de la Nouvelle-France (largement diffusées) : celle de Lescarbot (1609-1617), et celle de Charlevoix (1744). Les textes des trois relations de Cartier et celle de Roberval, traduits de l'italien et de l'anglais, sont réunis pour la première fois en un tome publié à Québec en 1843.
D'autres renseignements émergent des archives d'Europe au cours de la seconde moitié du xixe siècle, qui permettent de compléter le tableau et de réparer quelques erreurs. Trois copies manuscrites de la deuxième relation sont étudiées lors d'une édition de 1863.
En 1867, Henri Michelant trouva une copie manuscrite du premier voyage qu'il publia aussitôt et qui fait depuis autorité (Ramé et Michelant 1867). Pour le deuxième voyage, il existe trois manuscrits à la Bibliothèque nationale de France : le 5653, aux armes de Charles IX, qui fut considéré comme l'original par Avezac et reproduit comme tel par la Société littéraire et historique de Québec, en 1843, le 5589 que l'archiviste canadien Henry Percival Biggar a publié en 1901, et a considéré comme l'original, et le 5644, défectueux, qui reproduit le texte du manuscrit 5653 à quelques
Relations des voyages
- Œuvres en ligne
- Alfred Ramé et Henri Michelant (Note sur le manoir de Jacques Cartier et Documents inédits sur Canada. Voiage de Jacques Cartier (ms. no. 5, portefeuille LVII de Fontette, Bibliothèque nationale, Paris) Appendice: Abrégé des voiages, découvertes et habitacions faits en l'Amérique Septentrionnale, par les François et ensuite celles faites par les Anglois.--Note sur le manoir de Jacques Cartier, par M.A. Ramé.--Documents inédits sur le Canada, communiqués par M.A. Ramé. 2.sér), Relation originale du voyage de Jacques Cartier au Canada en 1534 : documents inédits sur Jacques Cartier et le Canada (nouvelle série) par. Cartier, Jacques, 1491-1557, Paris, Tross, (Second voyage, édition de 1863) — en ligne sur Europeana (avec en annexe le premier glossaire sur les langues amérindiennes au Canada).
- Jacques Cartier, BRIEF RECIT, & succincte narration, de la navigation faicte es ysles de Canada, Hochelage & Saguenay & autres : avec particulieres meurs, langaige, et cerimonies des habitans d’icelles : fort delectable à veoir.,
- Œuvres imprimées (en ordre chronologique inverse)
- (fr) Jacques Cartier, Voyages au Canada (avec les relations des voyages en Amérique de Gonneville, Verrazano et Roberval, François Masper, FM/La Découverte (collection de poche) no 35, Paris, 1981 (ISBN 2-7071-1227-5).
- (en) Henry Percival Biggar (traduction et édition), The Voyages of Jacques Cartier, Public Archives of Canada, no 11, Ottawa, 1924.
Citations au sujet de Cartier
- « On lui attribue habituellement la découverte du Canada, désignant par là la mince région du Québec à laquelle il donne le nom de Canada durant son expédition de 1535. Il est le premier explorateur du golfe du Saint-Laurent et certainement le premier à tracer la cartographie du fleuve Saint-Laurent, dont la découverte, en 1535, a permis à la France d'occuper l'arrière-pays de l'Amérique du Nord. » — Marcel Trudel
- « Même si ses explorations n’ont pas l’envergure des travaux de Hernando de Soto ou de certains explorateurs sud-américains, Cartier figure parmi les grands noms du xvie siècle. Il est le premier à faire un relevé des côtes du golfe du Saint-Laurent, à décrire la vie des Indiens du Nord-Est de l'Amérique du Nord, et, c’est bien là son plus grand mérite, il découvre en 1535 le fleuve Saint-Laurent qui sera l’axe de l’empire français d’Amérique, la route essentielle par laquelle les explorateurs s’élanceront vers la baie d'Hudson, vers l’horizon mystérieux de la mer de l’Ouest et vers le Mississippi. Découvreur d’un des grands fleuves du monde, Cartier est au point de départ de l’occupation par la France des trois quarts d’un continent. » — Marcel Trudel.
- « Jacques Cartier a posé les bases de la littérature française d’Amérique avec ses récits de voyage, que l’on considère comme l’origine de notre corpus. C’est par lui que l’exotisme du continent entre dans la littérature française, celle de Rabelais, de Chateaubriand et de Bernardin de Saint-Pierre. » — Fabien Deglise citant Michel Laurin
Hommages
Un boulevard et une station de la ligne a du métro de Rennes portent le nom de Jacques Cartier, ainsi qu'un lycée public de Saint-Malo. À Montréal, un pont et une placeportent le nom de l’explorateur. À proximité de Québec un parc national porte son nom.
Commentaires