LE CIDRE





                              LE CIDRE
                                                         Proposé par Ali GADARI





Le cidre est une boisson alcoolisée titrant généralement entre 2 % vol. et 8 % vol. d'alcool, obtenue à partir de la fermentation du jus de pomme. Chez les producteurs, l'adjectif cidricole fait référence aussi bien à la boisson fermentée à base de pomme qu'à base de poire. Le cidre se fabrique partout où l’on trouve des pommiers qui donnent des pommes à cidre. On distingue le « cidre de table » et le « cidre bouché », de qualité supérieure. Le cidre est connu depuis l'Antiquité. La consommation de cette boisson a connu un apogée en Espagne à la fin du xive siècle, dépassant celle de la bière. Au début du xxie siècle, c'est une boisson traditionnelle plutôt saisonnière et régionale, mais des efforts de marketing tendent à promouvoir de nouveaux cidres aromatisés, notamment à destination des jeunes.

Historique

Le cidre était déjà consommé dès l'Antiquité par plusieurs peuples tels que les Hébreux qui le nomment « chekar », les Égyptiens, les Grecs qui le nomment « sikera » et les Romains qui le nomment « sicera ».
Dans l'Antiquité, Pline et Strabon évoquent des boissons aigres fabriquées à partir de pomme. Le géographe grec Strabon, décrit l'abondance de pommiers et de poiriers en Gaule et mentionne qu'il se consomme au Pays basque le « phitarra ». Cette boisson est obtenue grâce à des morceaux de pommes que l'on met dans de l'eau bouillante et un ajout de miel.
Dès l'époque gallo-romaine, les Basques, qui prennent la suite des Romains, entretinrent des rapports fréquents avec la Normandie et les îles anglaises par des routes maritimes. Il n’y a pas de documents sur les débuts de la culture du pommier à cidre chez les Basques, mais elle est sans doute très ancienne.
Au Moyen Âge, les marins de la côte basque le firent découvrir aux marins bretons et normands et en exportèrent jusqu'en Méditerranée. Dès 1189, apparaît dans le Labourd le premier règlement écrit en France sur les pommeraies, suivi par d'autres documents, ordonnances et décrets royaux du Royaume de Navarre (principale province basque)[Quoi ?] sur les pommiers et le cidre. La technique de fabrication importée en Normandie pmodifier
Bolées de cidre brut.
Le mot cidre au sens de « jus de pommes fermenté » est attesté pour la première fois en langue d'oïl en dehors de tout contexte biblique, dans les années 1130 chez l'auteur Normand Wacedans sa Conception de Nostre-Dame.
Au début du Moyen Âge, les auberges et marchands vendent une sorte de cidre appelé en latin médiéval succus pomis ou pomatium réalisé à partir de pommes sauvages concassées et allongées d'eau, consommée lors des disettes de céréales ou de vin. Au xiiie siècle, l’invention du pressoir favorisa l’essor de la production cidrière. Au xvie siècle, le gentilhomme basque Guillaume Dursus améliora la technique, notamment en important de nouvelles variétés de pommes en vallée d’Auge.
D’après les auteurs et les documents de l'époque, la diffusion du cidre en Normandie n'est pas très ancienne, elle n'est pas antérieure au xiie siècle avec l'arrivée de variétés de pommes à cidre du nord-ouest de l'Espagne. Cependant, la culture des pommes est attestée par des noms de lieux anglo-scandinaves qu'il est possible de dater assez précisément, comme remontant à peu près au xe siècle : Auppegard (Appelgart vers 1160), Épégard (sous la forme latinisée Auppegardus en 1181), comparables à Applegarth dans le Yorkshire (du vieil anglais æppel « pomme », suivi du vieux norrois garðr « clos »), ou Yébleron(Eblelont au xiiie siècle, du vieux danois æppla « pommes » + lundr « bois »), qui peuvent avoir le sens très général de « pommeraie ».
Il est appelé sistr en Bretagne, où il fait son apparition au xiiie siècle. Il tient depuis lors une place importante dans cette région.
Suivant des témoignages, le cidre était la boisson du peuple dans le Maine.
Au xvie siècle, dans certaines parties de la Normandie, la bière était encore la boisson du peuple et des domestiques comme moins chère et plus commune, et le cidre, la boisson de luxe réservée aux maîtres.
« Il n’y a pas cinquante ans, disait en 1573 un auteur normand, à Rouen et en tout le pays de Caux, la bière estoit le boire commun du peuple, comme est de présent le cidre… En Normandie il ne se trouve monastère, ni maison antique où il n’y ait vestiges manifestes et apparentes ruines de brasseries de bière qu’on y souloit faire pour la provision ordinaire. »
Il en était différemment dans le Bas-Maine, où à cette époque le vin était nommé Monsieur, et le cidre Gilles du Pommain, breuvage de maczons.

Fabrication

Pommes à cidre

La fabrication du cidre commence par le choix des pommes. On dénombre trois types de pommes à cidre. Elles sont classées selon la saveur de leur jus :
  • les pommes douces, riches en sucre, qui apportent une teneur élevée en alcool ;
  • les pommes acides (acidulées à aigres), qui donnent au cidre une note fraîche et acidulée ;
  • les pommes amères (et douces amères), riches en polyphénols, qui donnent du corps au cidre et une amertume plus ou moins forte.

Récolte

Une des particularités de la récolte des fruits à cidre est qu'elle se fait au sol, d'où l'intérêt d'un enherbement maîtrisé du verger. La grande majorité des fruits est aujourd'hui récoltée mécaniquement. Les fruits ainsi collectés peuvent être détériorés, ce qui favorise une altération rapide. Ce problème est surmonté dès lors que la transformation se fait rapidement après récolte. La récolte mécanique se justifie pleinement pour des quantités de pommes importantes, comme c'est le cas pour la plupart des producteurs (cidriers) qui en font une véritable activité économique. Seule l'élaboration de produits d'exception ou d'amateurs justifie la récolte manuelle.

Fabrication traditionnelle

Un broyeur à pommes traditionnel, auge circulaire en pierre également appelée « gadage », à roue tractée par un cheval
Elle s’effectuait en plusieurs étapes :
  • le broyage à l’aide d’une meule, appelée « gadage ». Il s'agit d'une sorte de manège constitué de 4 à 6 éléments en granit, taillés en forme d’auge et incurvés, puis, assemblés bout à bout pour former une auge unique dans laquelle se déplace une roue également en granit, traversée par une perche en bois ou en fer dont un bout est agrippé à un axe vertical au centre du manège et l’autre bout, en débordement d’environ un mètre de la partie extérieure du manège équipé d’un crochet ou d’un anneau sur lequel vient s’accrocher un palonnier reliant par un jeu de traits l’animal effectuant le tractage, généralement un cheval
  • le marcage ou macération en cuve pendant quelques heures ;
  • le montage ou formation de la motte : empilement des pommes broyées et de paille ;
  • le pressurage ;
  • le premier soutirage, qui fait suite à la défécation ;
  • l’entonnage ou mise en fûts.

Microbiologie au cours de la production

Le pressurage
Traditionnellement, la production du cidre est effectuée sans ajout de levures. La fermentation du moût est réalisée par la flore levurienne naturellement présente dans les pommes. La population moyenne de cette flore est de l'ordre de 5.10⁴ cellules/g de fruit et la flore présente une grande variété d’espèces de levures.
Les espèces majoritaires sont :
L’espèce minoritaire jouant un rôle majeur dans la production du cidre est le Saccharomyces uvarum
En production traditionnelle, lorsqu'aucune levure n’est ajoutée et qu’il n’y a pas d’addition de SO2, durant la première partie de la fermentation les levures non-Saccharomyces se multiplient rapidement en produisent du CO2 et de l’éthanol. Il y a également production de différentes flaveurs (production d’esters).
Lorsque le niveau d’éthanol atteint 2 à 4°, les premières levures meurent et sont remplacées par Saccharomyces uvarum. Cette souche termine la fermentation jusqu'à consommer la majorité des sucres présents dans le moût, tout en produisant les arômes principaux du cidre.

Familles de cidre

Pommes gelées pour la fabrication du cidre de glace.
On distingue plusieurs grandes familles de cidres selon que l’on laisse, ou non, la fermentation aller à son terme, avant la mise en bouteilles :
  • en dessous de 3°GL, on obtient un cidre doux encore assez sucré et au net goût de pomme, à consommer au dessert (crêpes) ;
  • entre 3° et 5°, c’est le cidre demi-sec ou brut le plus répandu en France qui accompagne galette, viande et poisson ;
  • le cidre traditionnel très souvent trouble (sidra natural en espagnol, en français cidre, en basque sagardo ou sagarno) plus acidulé et peu sucré, il titre généralement plus de 5°. Il s'agit du cidre que l'on trouve traditionnellement au Pays basque et dans les Asturies. C'est un cidre de fermentation spontanée (sans levure ajoutée) qui utilise les levures sauvages présentes sur les fruits. Au Pays basque français, la législation lui interdit l'appellation "cidre" et donc sa désignation commerciale sur l'étiquette des bouteilles est Boisson fermentée à base de pommes contrairement à l'usage.
  • le cidre rosé est une création commerciale récente de la Maison Écusson installée à Livarot. Inspirée du positionnement des vins effervescents rosés. Il est produit à partir d'une pomme à chair rouge, la Royal Délice spécialement sélectionnée pour produire ce cidre, et d'autres variétés de pommes apportant la fraîcheur. Peu alcoolisé (3 °), c'est un cidre de dessert à consommer frais (7 à 8 °)22.
Depuis le début des années 1990, le Québec, où la tradition cidricole remonte au régime français, développe un nouveau type de cidre artisanal : le cidre de glace : Le jus de pomme où les pommes elles-mêmes sont laissés dehors en hiver, ce qui gèle l'eau contenue dans le jus ou les fruits et permet ainsi d'augmenter la concentration en sucre. Après pressage des pommes s'il y a lieu, le jus concentré est soumis à une fermentation alcoolique. Le produit est comparable au vin de glace. L'histoire du cidre de glace débute avec Christian Barthomeuf, un viticulteur de Dunham, qui décide de transformer son vignoble en verger dans le but de travailler avec deux éléments propres au terroir québecois, les pommes et le froid. Inspiré des vins de glace, ses premiers essais se font à l'hiver 1989-1990 et à partir de 1992, il commercialise le produit sous la raison sociale « Pomelière » avec le nom de cidre liquoreux ou cidre fort. En effet, ce n'est qu'en 1999 que les autorités permettent l'utilisation du terme cidre de glace.
Dans les pays anglo-saxons, le cidre y est appelé cider. Aux États-Unis, on l’appelle plus précisément « hard cider » pour le différencier du jus de pomme pétillant appelé « cider ». Le « hard cider » a un goût différent du cidre que l’on peut trouver en France[réf. souhaitée]. La fabrication du cidre se fait à partir de moûts de pommes fraiches, de moûts concentrés de pommes ou d’un mélange de ces deux produits éventuellement chaptalisé (les cidres anglais le sont fortement), le cidre possède en général un taux d’alcool entre 1,2% vol. et 8,5% vol] et est pétillant. Les pommes utilisées pour la fabrication du cidre peuvent être de n’importe quelle variété, mais généralement une part de pommes douces-amères est incorporée pour donner du corps au produit fini. La France exporte d’ailleurs des concentrés de pommes douces-amères car les pommes qui servent à son élaboration sont une spécificité française depuis longtemps (pour l’élaboration du cidre), et sont convoitées par de nombreux fabricants de cidre dans le monde[réf. nécessaire].

Régions productrices

Amérique

Asie]

Europe

En Allemagne, le cidre est servi dans une cruche (Bembel), avec un verre spécial à décor en losange (Geripptes).
  • Allemagne, notamment dans la région de Francfort-sur-le-Main et dans la Sarre. Le cidre (Apfelwein) y est traditionnellement servi dans des cruches spéciales (Bembel) et des verres à décor en losanges (Geripptes).
  • Belgique, dans le pays de Herve dans l’est de la Province de Liège, en Thiérache belge (Botte du Hainaut : dans les pays des Rièzes, des Sarts et dans les Fagnes, dans l'Ardenne(Province de Namur) : ces secteurs sont en continuité avec le Nord de la France et les Ardennes, eux aussi producteurs de cidre.
  • Danemark. Le Sombersby (en) est une marque de cidre appartenant au groupe danois Carlsberg. Ce cidre à 4,5% vol. existe en trois variétés : Apple Cider, Blackberry Cider et Pear cider. Il est disponible dans plus de 43 pays dans le monde.
  • Espagne. Le cidre est consommé principalement aux Asturies avec indication géographique protégée et en Pays basque. Parfois complété par des pommes françaises, il est produit dans les régions suivantes
  • Îles Anglo-Normandes.
  • Irlande, cidre original cru de Magners. C'est un cidre fabriqué en Irlande par C&C Group et lancé en 2016 sur le marché français avec la variante Magners Original. Cette boisson alcoolisée à 4.5° existe en format bouteille 33cl, 56.8cl et à la pression. Elle est disponible en CHD et en GMS. La marque revendique l’authenticité d’un cider irlandais, un produit élaboré à partir de 17 variétés de pommes différentes et une maturité en cuve de 6 à 24 mois.
  • Italie, dans le Piémont et le Frioul-Vénétie julienne.
  • Royaume-Uni, en particulier dans le Herefordshire et dans le West Country. En 2012, le volume de production et de consommation y était quatre fois supérieur à celui de la France26. Le Bulmers (en) est un cidre fabriqué à Hereford, et qui appartient au groupe Heineken. Ce cidre est proposé en plusieurs variétés : Bulmers Original Cider, Bulmers Pear Cider, Bulmers Berry Cider, Bulmers Strawberry and Lime Cider, Bulmers Cloudy Lemon Cider et Bulmers Five Juicy Pear Cider. Le Strongbow (en) est un cidre fabriqué dans le Herefordshire. C’est une filiale de la multinationale Heineken. Ce cidre existe en trois variétés : Strongbow Original, Strongbow Darkfruit et Strongbow Cloudy Apple.
  • Suède : marque « Kiviks musteri ».
France
 Cidre de Normandie et Cidre breton.
Les normes d'étiquetage générales s'appliquant au cidre proviennent du décret n° 53-97828 précisant les normes de composition et les qualificatifs « cidre brut », « cidre doux ».
La majeure partie du cidre vendu en France est produite de manière industrielle sous différentes marques à consonance bretonne ou normande par l'unique société Eclor, une division du groupe coopératif Agrial, issue de la fusion de grands opérateurs, CSR SA (marque Loïc Raison), CCLF (marque Écusson) et Kerisac. Les Celliers associés sont une coopérative qui produit le cidre sous la marque Val de Rance. En France, en 2014, les ventes de cidres en grande distribution se répartissent comme suit:
Il existe en France des cidres bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP). C’est le cas des cidres normand et breton. Certains cidre bénéficient également des appellations d'origine protégées (AOP)30, comme « Cidre Pays d’Auge » et, en 1996, ce sont 38 communes du Finistère Sud qui ont obtenu la classification de leur cidre en AOC, devenu depuis Appellation d'Origine Protégée « AOP Cidre AOP Cornouaille »31. Sans oublier le label rouge « Cidre de tradition » et « Cidre de variété Guillevic » en Bretagne26D’autres AOC sont actuellement en projet : Cidre du Bessin, Cidre du Cotentin, Cidre du pays de Caux32 et Cidre du Perche ; 1 CCP : Cidre de Normandie (+ IGP) ; 1 Label Rouge : Cidre de Normandie ; 1 AB : Cidre bio[réf. nécessaire]. La Normandie demeure la première région française productrice de pommes à cidre (300 000 tonnes) et la 1re région française productrice de cidre (700 000 hl)[réf. souhaitée]. La Bretagne produit 40 % du cidre consommé en France, soit 436 000 hl/an dont 365 000 hl par la filière industrielle et 70 000 hl par la filière fermière et artisanale. 33
Les principales régions productrices sont 
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Conditionnement

Le cidre peut être servi à la pression mais le plus souvent il se présente en bouteille champenoise de 0,75 l, fermée par un muselet et un bouchon en liège (cidre dit « bouché »). Conçu pour la consommation courante, le cidre de table est conditionné quant à lui dans des bouteilles classiques de 1l, consignées ou non, ainsi qu’en PET de 1l ou 1,5l. Depuis quelques années, le cidre est également commercialisé en petits conditionnements de 25 cl, 27,5 cl ou 33 cl pour une consommation plus nomade.

Marché du cidre

Dans le monde, le marché du cidre est un petit marché proportionnellement à celui de la bière, mais il connaît une croissance en volume beaucoup plus rapide. De 2010 à 2015, le marché du cidre a connu une croissance de 5,6%, alors que celui de la bière a augmenté de 1,5%. Le marché du cidre devrait atteindre les 12.9 milliards de dollars d’ici 2020. Le cidre est une boisson très populaire aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Australie et dans les pays d’Europe. Le Royaume-Uni consomme chaque année 788 millions de litres de cidre à lui seul, soit environ 1,4 milliard de pintes . Les trois pays les plus consommateurs de cidre dans le monde en 2014 sont l’Afrique du Sud (17,6%), le Royaume-Uni (16.1%) et la Suède (15,8%). En République Tchèque, en Pologne et en Ukraine, le marché du cidre a connu les plus fortes augmentations en volume entre 2010 et 2015.

En France

En France, la production de cidre se fait un peu dans toutes les régions pauvres en vignobles, mais la consommation est très régionalisée et concerne principalement les ménages de la façade nord-ouest du pays ainsi que la région parisienne. Le marché du cidre reste très saisonnier. En dehors du 1er trimestre (Épiphanie, Chandeleur, Mardi gras) et de la saison estivale, les ventes en grandes surfaces ont du mal à se développer. Ainsi, pour doper les ventes, les entreprises tentent de se diversifier et lancent de nouvelles gammes de produits comme le cidre rosé, le cidre bio, ou encore le cidre à la framboise lancé par Loïc Raison en 2014. Depuis peu, ces nouveaux types de cidres séduisent de plus en plus de jeunes qu'ils consomment en guise d'apéritif. Ces innovations ont permis de relancer un marché en berne depuis les années 80 (+6 % valeur en 2013). La croissance la plus forte est celle du poiré (un cidre à base de poire) : s'il ne représente que 2 % des volumes, ses ventes ont bondi de 56 % en 2013. De même le cidre rosé, lancé en 2011, a enregistré une hausse de plus de 50 % et compte désormais pour 5 % des ventes. Ces cidres génèrent aujourd'hui plus de 50 % de la croissance des cidres bouchés.
Avec 5,4 litres par an et par ménage la consommation du cidre en France arrive loin derrière des boissons tels que le vin, la bière, les boissons rafraîchissantes sans alcool. Le cidre profite aussi de la hausse des prix de la bière qui a poussé les consommateurs à se tourner vers d'autres alternatives. Chaque année en France, on commercialise 1,6 million d’hectolitres de cidre pour un chiffre d’affaires global de 185 millions d’euros.
Le cidre, ainsi que le poiré, sont intégrés au patrimoine gastronomique de la France, par l'Assemblée Nationale le 25 juin 2014.

Utilisations

Distillation

La distillation du cidre produit le calvados ou, en Bretagne, le lambig. D'origine Normande, le calvados était, il y a plus de cinquante ans, obtenu par distillation de cidre traditionnel titrant autour de 5° d'alcool. Cette distillation était faite pour le compte de fermiers qui avaient un certain nombre de pommiers dans leurs champs. Ils étaient nommés exploitants producteurs. Les distillateurs étaient des itinérants appelés bouilleurs de cru. Ils se déplaçaient de village en village et de ferme en ferme avec leur bouilleuse qui était tirée par un cheval. Plus tard on adaptera des roues à pneus, afin de voyager plus facilement avec un tracteur. Les bouilleuses étaient en général des alambics à colonne de marque ESTÈVE fabriquées à Bordeaux (sauf dans le pays d’Auge où on utilisait l'alambic charentais à double distillation). Un très bel exemplaire d'une bouilleuse existe encore à Valognes, ville du Nord Cotentin au musée du cidre et du calvados. La distillation était en fait une simple distillation qui avait lieu d'une seule chauffe. La chaudière était alimentée au feu de bois. Le calva était tiré autour de 70°, car les fermiers n'avaient droit qu'à dix litres d'alcool pur (10x100=1000°, soit environ quatorze litres à 70°) avant de payer une taxe. Mendès-France abolira cette franchise de taxe pour lutter contre l'alcoolisme rural.

Cuisine

Le cidre est également un élément important des cuisines normande et bretonne.
Le cidre est utilisé en accompagnement d'un plat ou dans les sauces. Son goût sucré et acidulé se mariant avec toutes sortes de plats, en particulier ceux à base de viande de porc, de poulet et de lapin mais aussi des poissons et, bien sûr, des cocktails et des desserts.
Le bœuf au cidre est un plat qui remonte à l'époque médiévale.

Boisson festive

George Fitzgerald Smoot buvant du cidre (Sparkling Cider) en l'honneur de son prix Nobel.
Fête du cidre (Faîs'sie d’Cidre) à Jersey.

Fêtes traditionnelles

Les producteurs de cidre ont pourtant fait des efforts qualitatifs et pour diversifier leur offre mais, si le cidre a séduit les grands chefs cuisiniers, le consommateur l'associe encore trop souvent aux crêpes et aux traditions paysannes.
Le cidre est consommé surtout lors des fêtes traditionnelles comme l'Épiphanie, avec la galette des Rois, ou la Chandeleur, en accompagnement des crêpes. C'est aussi la boisson des vacances, en particulier celle des touristes séjournant dans des régions de grosse production, par exemple en France, la Bretagne ou la Normandie49.
Pour rajeunir et améliorer l'image de marque du cidre vis-à-vis des vins et en particulier des champagnes dont, contrairement au cidre, les consommateurs ont appris à identifier les producteurs, les saveurs, les cépages ou l'origine, les producteurs multiplient les séances de dégustation et les campagnes de communication dans l'espoir de conquérir d'autres marchés et tranches d'âge.


Journée mondiale du cidre

Il existe une journée mondiale du cidre (en anglais World Cider Day) célébrée le 3 juin de chaque année. Ce jour symbolise le début de la saison du cidre à travers le monde entier.

Curatif

Depuis ses débuts jusqu'à l'ère moderne, de nombreux praticiens ont vanté les vertus curatives du cidre, notamment contre la « gravelle ». À la fin du xixe siècle, le médecin Édouard-Pierre-Léonor Denis-Dumont trouva ainsi au cidre des vertus prophylactiquespour la « maladie de la pierre » (calculs rénaux).
Le médecin protestant Julien Le Paulmier de Grantemesnil, devenu hypocondriaque à la suite du massacre de la Saint-Barthélemy, retourna s'installer dans sa Normandie natale et, persuadé, dit E. Haag, qu’« il était guéri par l’usage du cidre de palpitations du cœur qui lui étaient restées à la suite des journées de la Saint-Barthélemy où il avait vu périr plusieurs de ses amis et où il avait couru lui-même de grands dangers, il écrivit un traité sur le cidre pour préconiser cette boisson, que selon lui, on devait préférer au vin ».

Le cidre dans la culture

New Cider (cidre nouveau). Tableau de Thomas Waterman Wood, vers 1868
Le poète normand Jean Duhamel est l’auteur d’une Ode sur le cidre (1728). L’œuvre principale du poète anglais John Philips est le poème didactique du Cidre (1706) imité des Géorgiques de Virgile.

Belles-lettres

De nous se rit le François :
Mais vrayement, quoi qu’il en die,
Le sildre de Normandie
Vault bien son vin quelquefois.
Coulle à val, et loge, loge !
Il faict grand bien à la gorge.
Ta bonté, ô sildre beau,
De te boire me convie ;
Mais, pour le moins, je te prie,
Ne me trouble le cerveau.
Coulle à val, et loge, loge !
Il faict grand bien à la gorge.
Olivier Basselin
Citation
« La nature est prévoyante : elle a fait pousser la pomme en Normandie sachant que c'est la région où l'on boit le plus de cidre. » Henri Monnier

Locutions

Originellement, le cidre était une boisson peu onéreuse, utilisée dans la vie de tous les jours. C'est la raison pour laquelle, dans ses pays de production, l'expression populaire « Ça ne vaut pas un coup de cidre » est assez répandue et signifie que cela n'a aucune valeur.



Source: femmesactuelles.fr



Source: histoire-normande.fr



Source: calvados-tourisme........



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