LES COSAQUES





                 LES COSAQUES
                                        Proposé par Ali GADARI



L’origine du terme « cosaque » renvoie à une fonction, une catégorie d’individus, plutôt qu’à une ethnie ou un peuple. Dans le Codex Cumanicus, dictionnaire trilingue couman (langue turque), persan et latin, mais aussi glossaire et index thématique servant à décrire les peuples en contact avec les Coumans de l’époque, les cosaques (sous la forme « quzzaq ») y sont mentionnés comme étant des sentinelles, des gardiens ayant pour fonction de défendre la steppe des ennemis tatars. Côté étymologique, le terme slave « cosaque » (kazak en russe, kozak en ukrainien et en polonais) est probablement un dérivé du turco-mongol qazaq, un vocable qui se retrouve dans de nombreuses langues de même souche et qui signifie « homme libre », ou « sans attache », par extension vagabond ou aventurier. Le lien avec le soldat ou le garde indépendant décrit dans le Codex Cumanicus est donc des plus logiques puisque le mercenaire est un homme travaillant pour son propre compte. Selon Ramseier, certains chercheurs (William Erskine ou Julius von Klaproth), attribuent une origine arabe au mot « qazaq », qui serait passé en Asie centrale et en Russie après avoir franchi le Caucase, par le biais des Perses puis des Tcherkesses. Dans cette hypothèse, le terme désigne un « homme martial vivant en nomade », un soldat des steppes, une signification très proche de la turco-mongole et une filiation entre les deux parentés reste possible. Ramseier note encore que le Russe Vassili Radlov (ou Wilhelm Radloff), fondateur de la turcologie, définit les cosaques comme des « hommes libres, indépendants et nomades ». Il n'y a pas de rapport entre les Cosaques et les Kazakhs (kазах), ni les Khazars, quoique habitant les mêmes régions, mais à plusieurs siècles d'intervalle.

Source: cosaques zaporologues écrivant une lettre au sultan de Turquie
peinture de Ilia Répine




Rendu artistique d'un cosaque zaporogue par Sergueï Vasilkovsky (vers 1900).

Historique



Les Cosaques sont mentionnés pour la première fois dans le Codex Cumanicus, un document dont la rédaction de la partie lexicale est estimée entre 1292 et 1295 et dont la plus ancienne copie actuellement connue date de 1303. Le mot signifie alors, soit « garde de convois », soit « pillard des steppes ». Par la suite, la Chronique de Nikon, une compilation de livres, chroniques et documents anciens parue au début du xvie siècle, rapporte que des bandes cosaques apparurent dans les environs de Riazan, près de Moscou dès 1443. Selon la chronique, cette année-là le grand-princede Riazan conclut un accord avec des renégats tatars venus piller le pays. Ils s'installèrent pour l'hiver et louèrent leurs services de mercenaires pour combattre les Tatars. À partir du milieu du xve siècle, des Slaves deviennent Cosaques et les références se multiplient : entre Don et Volga à partir de 1470, et autour du Dniepr et en Ukraine actuelle vers 1490.
Ces premiers Cosaques, aventuriers, pirates et mercenaires, descendirent la Volga et colonisèrent les rives du fleuve russe, ainsi que, progressivement, celles du Don et du Dniepr. Ils s'installèrent dans la steppe du sud de la Russie et de l'Ukraine actuelle, au nord de la mer Noire. Pour Iaroslav Lebedynsky, de tels hommes ont probablement toujours existé dans la steppe et l'on peut qualifier de proto-Cosaques les Toques noires, à forte composante petchenègue, les Brodnici (en), mi-slaves, mi-turco-mongols, ou encore les Polovtses sauvages, des renégats coumans. Pour Mikhail Ramseier, il faut aussi compter sur la forte composante des slaves sous la forme des Sevrioukis, des descendants de tribus slaves venues du nord et qui se mélangèrent très tôt à ces rebelles tatars. Preuve en est que les premiers Cosaques, incontestablement Mongols au départ, se slavisèrent rapidement. C'est d'ailleurs en 1468 qu'apparaît près de Moscou le premier chef cosaque à nom slave : Ivan Rouno.
Réunis en bandes (starchines) louant leurs services aux nations limitrophes de la steppe, ces premiers Cosaques se retrouvent bientôt aux côtés de Moscovites, de Lituaniens, de Polonais ou de Moldaves, intègrent des éléments des colonies italiennes de la mer Noire et même du khanat de Crimée. On les décrit alors comme étant surtout des mercenaires, des gardes-frontières, des guides de la steppe, des protecteurs de marchands ou de diplomates, mais aussi et surtout des pillards attaquant les villages et les caravanes de rencontre.
Par la suite, ces bandes d'aventuriers accueillent les nombreux fugitifs des États voisins, dont certains arrivaient par familles entières pour échapper au servage, aux lourds impôts ou aux guerres. Les bandes devinrent des établissements, puis de vraies communautés, formées de parias, de pauvres, de rebelles, d'esclaves, aussi bien nordiques et slaves qu'orientaux. Les premiers Cosaques véritablement organisés apparaissent dans la région du Don, autour de 1520, et sur le Dniepr inférieur pour les Zaporogues, en 1550. Porohy signifie « rapides », « tourbillons », en référence à la géographie du grand fleuve.
Wikipédia


Source: noce cosaque par J'oseph Brandt


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