Brexit : Theresa May demande à l’UE un report jusqu’au 30 juin
Brexit : Theresa May demande à l’UE un report jusqu’au 30 juin
Le Monde - Proposé par Ali GADARI
Pour que la demande britannique d’un report de la sortie de l’UE soit acceptée, les Vingt-Sept doivent encore l’approuver à l’unanimité, au plus tôt lors du Conseil européen des 21 et 22 mars.
Ça passe ou ça casse. Fidèle à sa logique de non-affrontement avec les partisans d’une rupture brutale avec l’Union européenne (UE), Theresa May a sollicité de l’UE, mercredi 20 mars, un report de courte durée – au plus tard le 30 juin – de la date du Brexit, jusqu’ici programmé au vendredi 29 mars.
« J’ai écrit ce matin au président du Conseil européen, Donald Tusk, pour l’informer que le Royaume-Uni souhaitait une extension de l’article 50 [du traité de Lisbonne, qui régit la sortie d’un pays de l’UE] jusqu’au 30 juin », a-t-elle annoncé. Objectif : profiter de ce délai afin de forcer la main des députés britanniques pour qu’ils finissent par voter l’accord de divorce négocié avec les Vingt-Sept.
« Il s’agit de donner au Parlement un peu plus de temps (…). Mais les gens de ce pays attendent depuis presque trois ans. Ils en ont assez. »
La première ministre « ne demandera pas un report de longue durée », avait annoncé dans la matinée Downing Street. « Il s’agit de donner au Parlement un peu plus de temps pour qu’il se mette d’accord sur la suite, mais les gens de ce pays attendent depuis presque trois ans maintenant. Ils en ont assez de voir le Parlement incapable de prendre une décision et la première ministre partage leur exaspération. »
M. Tusk a donné une première réponse à la lettre, au cours d’une déclaration devant la presse, mercredi après-midi. « Je crois qu’une courte extension est possible, a-t-il dit, mais elle serait conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des communes ».Ce vote devrait avoir lieu la semaine prochaine, avant le 29 mars – qui correspond au terme des deux années de négociations prévues par l’article 50 du traité de Lisbonne, que Mme May avait activé le 29 mars 2017. En revanche, M. Tusk a exclu la réouverture des négociations sur l’accord.
La nouvelle date butoir doit faire l’objet de l’accord unanime des vingt-sept pays de l’Union, qui seront justement réunis en Conseil jeudi 21 et vendredi 22 mars à Bruxelles. La date du 30 juin proposée par Mme May « crée une série de questions de nature juridique et politique », a souligné M. Tusk. Aussi, la question de la durée du report « reste ouverte ». L’exécutif européen plaide soit pour un report jusqu’au 23 mai, avant les élections européennes, soit jusqu’au moins fin 2019.

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