La rupture est consommée entre les communistes et Mélenchon
La rupture est consommée entre les communistes et Mélenchon
(Proposé par ALI)
Après des mois d'une entente fragile, la rupture est consommée entre le Parti communiste et La France insoumise, qui n'ont pas trouvé d'accord pour les législatives, auxquelles Jean-Luc Mélenchon sera candidat, probablement à Marseille.
Au lendemain de l'annonce de la rupture des discussions pour d'éventuelles candidatures communes aux législatives, le leader de La France insoumise, qui a réuni 19,58 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, a critiqué mercredi l'attitude du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.
Alors que celui-ci disait "regretter profondément" l'échec des discussions que ni lui "ni la direction du PCF" n'ont selon lui "décidé ni souhaité", M. Mélenchon a déclaré: "Pierre Laurent ment".
"Ce n'est pas vrai", a-t-il fustigé sur RMC-BFMTV, "La France insoumise a déjà investi dix" candidats communistes aux législatives, "je ne bloque d'aucune façon", a assuré l'ancien socialiste.
Fort de son très bon score le 23 avril, le mouvement politique impose un certain nombre de conditions à ceux qui souhaitent obtenir son investiture. Quelques circonscriptions font exception, où les candidats issus d'autres partis sont "soutenus" - Clémentine Autain d'Ensemble, Sergio Coronado d'EELV ou Marie-George Buffet du PCF.
Mais globalement, tous les candidats doivent accepter une "campagne nationale sur un programme national", L'Avenir en commun, qui a été porté par M. Mélenchon à la présidentielle, a expliqué mercredi Bastien Lachaux qui dirige la campagne. "C'est pour ça que la campagne de La France insoumise sera nationale avec une charte graphique unique sur l'ensemble du territoire, un programme commun à l'ensemble des candidats, un mot d'ordre commun +la Force du peuple+ et un logo commun, le +phi+ de La France insoumise".
Un ensemble de conditions auxquelles ni le Parti communiste ni Europe Ecologie-les Verts n'ont accepté de se plier.
Mais le renvoi des responsabilités entre les deux formations politiques est à rechercher bien plus loin que ce dernier épisode.
Partisan d'une candidature unique de la gauche anti-Hollande à la présidentielle, M. Laurent s'était engagé début 2016 dans le processus de la primaire de la gauche et des écologistes, tandis que M. Mélenchon refusait tout net d'y participer.
Toute l'année 2016, le Parti communiste a tenté, en vain, de le convaincre de ne pas se lancer seul dans la présidentielle. Jusqu'à la décision tardive, en novembre, de soutenir le candidat de La France insoumise. Mais sur la base d'une "campagne autonome", avec un programme, un slogan, des affiches distincts de ceux de LFI.
"Visite de courtoisie"
Au total selon Manuel Bompard, directeur de campagne de M. Mélenchon, "six réunions" se sont tenues avec le PCF sur la question des législatives, jusqu'à la rupture mardi que chaque partie juge "unilatérale" de la part de l'autre.
Le Parti communiste présentera ses candidats investis pour les législatives jeudi lors d'un meeting à Paris.
De son côté, la France insoumise organise une convention samedi à Villejuif. A cette occasion, Jean-Luc Mélenchon devrait annoncer sur quel territoire il a décidé de se lancer lui-même.
Après s'être présenté face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont en 2012, l'ancien candidat à la présidentielle va "probablement" choisir une des circonscription marseillaise ville dans laquelle où il est arrivé premier le 23 avril (24,82 %, devant Marine Le Pen et Emmanuel Macron).
"Les amis m'ont dit +Tu ne peux pas aller dire au gens que nous repartons à la bataille, puis tout le monde y est sauf toi+", a-t-il expliqué.
Il doit se rendre jeudi en "visite de courtoisie" à Marseille, qui si elle est "positive", actera son choix de circonscription. Il a fait ses plus gros scores dans l'une des circonscriptions des quartiers nord, la 7e (38 %), et dans l'une de celles du centre-ville, la 4e (39 %). Toutes deux sont détenues par des députés socialistes.
Paris (AFP) - © 2017 AFP
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