L'Uruguay dans le vent de l'énergie renouvelable
L'Uruguay dans le vent de l'énergie renouvelable
(Proposé par ALI)
Depuis 2005, ce petit pays de 3,4 millions d'habitants suit son plan pour sortir de sa dépendance au pétrole. Douze ans plus tard, son électricité provient déjà à 97 % des énergies propres.
En 2016, le Fonds mondial pour la nature a classé l'Uruguay parmi les meilleurs élèves pour la décarbonisation de son économie.Reconnaissance d'une réalité. « L'an passé, nous avons connu 140 jours de complète indépendance énergétique », s'enthousiasme Olga Otegui.
Cette ingénieure, directrice de l'énergie au ministère de l'Industrie, de l'Énergie et des Mines, rappelle l'objectif que s'est fixé son pays pour 2030. « Notre matrice énergétique est aujourd'hui constituée à 63 % d'énergies renouvelables, contre 12 % en moyenne à l'échelle mondiale. Notre électricité provient à 97 % des énergies propres. »
En 2005, soucieux de se soustraire à une forte dépendance au pétrole, l'Uruguay lance un plan sur vingt-cinq ans. « La clé, c'est la diversité. La biomasse, le solaire, l'éolien, complètent l'énergie hydroélectrique (56 %) des barrages, qui était au maximum de ses capacités. »
Contrats longs et prix stables
Impossible, aujourd'hui, de passer à côté des grandes tours du vent qui ont poussé dans les départements de Maldonado, de San José, de Tacuarembo, près des côtes, mais aussi dans l'intérieur de ce petit pays balayé par des vents réguliers : dix-neuf parcs éoliens fonctionnent, vingt-cinq sont en construction.«En 2005, nous n'avions pas un seul mégawatt produit par l'éolien, reprend Olga Otegui. Nous en sommes à 1 500 MW, soit 23% de notre électricité produite. Nous espérons atteindre 28% dans les années qui viennent.»
Contrats sur vingt ans, avantages fiscaux, prix de l'énergie garanti par l'État... La transition, rapide, a été soutenue par une politique d'aides aux entreprises. Attirées par ce volontarisme, les entreprises étrangères font la queue pour obtenir des contrats ici. La société allemande Enercon exploite, par exemple, Peralta, le plus grand parc éolien du pays.
Ce qui inquiète, dans le pays. « En garantissant aux entreprises l'achat de la totalité de l'énergie qu'elles produisent, nous privatisons nos ressources, c'est devenu un commerce du vent », prévient Daniel Panario, directeur de l'Institut de l'écologie et des sciences de l'environnement, basé à Montevideo. Bien sûr, « c'est toujours mieux que les énergies fossiles », reconnaît cet ingénieur. Hier importateur, l'Uruguay se tourne désormais vers les voisins argentin et brésilien pour vendre son électricité.
OUEST FRANCE Marion GONIDEC

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