Le moteur nucléaire du sous-marin « Suffren » mis en route à Cherbourg








Le moteur nucléaire du sous-marin « Suffren » mis en route à Cherbourg

Premier né d’une série de six, le sous-marin d’attaque de nouvelle génération devra naviguer jusqu’en 2050.
 /Le Monde        Proposé par Ali GADARI  






Le « Suffren » à Cherbourg, le 12 juillet 2019.
Le « Suffren » à Cherbourg, le 12 juillet 2019. LUDOVIC MARIN / AFP
Par un Tweet, la ministre française des armées, Florence Parly, a annoncé mercredi 18 décembre que la chaufferie nucléaire du Suffren, le sous-marin d’attaque de nouvelle génération, avait été mise en route la veille.
Le moment est salué, car cette phase est technologiquement délicate. En outre, la France n’avait pas réalisé de tels navires depuis onze ans – le dernier étant le sous-marin lanceur d’engins Le Terrible. Le programme des six nouveaux navires d’attaque de la classe Barracuda, destinés à remplacer les Rubis nés entre 1983 et 1993, a subi trois années de retard en raison de problèmes industriels initiaux sur le Suffren, dus à des pertes de compétences. L’investissement total prévu se monte à plus de 9 milliards d’euros. Si le programme se déroule comme prévu, le dernier de la série doit être livré en 2029.
La ministre a jugé cette étape « indispensable à l’indépendance de la France », en ce qu’elle participe au renouvellement de ses forces de dissuasion nucléaire. La réussite du programme Barracuda est considérée comme une condition de sa crédibilité militaire. Sur elle repose aussi l’avenir de sa filière industrielle de défense, le constructeur Naval Group étant engagé dans plusieurs marchés à l’exportation pour des sous-marins à propulsion non nucléaire.
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Cinq heures de manœuvre

Le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire avait été donné vendredi. A 18 h 46 précises lundi, le Suffren étant stationné dans les bassins de Naval Group à Cherbourg, le moteur nucléaire a donc connu sa « première divergence à bord » – une réaction nucléaire maîtrisée dans son cœur –, ce qui veut dire qu’il produit désormais de l’énergie. La manœuvre, d’une durée de cinq heures, a été menée depuis le poste de conduite et de propulsion du sous-marin par une petite équipe du maître d’œuvre, l’entreprise TechnicAtome. Sept spécialistes enfermés pour un moment de vérité, tandis que l’équipage du Suffren et les ingénieurs de l’armement en guettaient l’issue dans la cambuse du bateau.
La chaufferie du Suffren se trouve à présent mise sous surveillance jusqu’en… 2050, date estimée de la fin de vie opérationnelle de ce premier de la série. Après des essais en bassin, la chaufferie sera raccordée au système de propulsion du navire début 2020. Le sous-marin sera alors mis à l’eau par la marine nationale et devrait rejoindre son port d’attache, Toulon, à l’été.
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